Lectures

Mardi 7 avril 2009
Me voilà de retour un petit moment, les vacances étant une période où tiens, c'est bizarre, je me trouve un peu plus de temps que d'habitude pour le non-nécessaire... Après ça je vais très probablement aller faire un tour à la bibliothèque d'ailleurs, en parlant de ça (et je ne m'étendrais pas sur le fait que le non-nécessaire est en fait parfois plus nécessaire que le non-superflu... vous me suivez ?).
Avant que je le rende, je voulais vous parler de l'une de mes lectures récentes :




FROM HELL
d'Alan Moore (scénar) et Eddie Campbell (dessins)

Pourquoi dessins ? Parce que ce n'est pas un simple roman, mais un roman graphique. Les iconoclastes pourront dire aussi "énorme BD sur pages souples", et ils n'auront pas tort (même si les iconophiles auront envie de les taper).

L'histoire :
Nous sommes au XIXe siècle, à Londres, et nous suivons entre autres l'inspecteur Abberline dans son enquête la plus importante et la plus mystérieuse : l'assassinat en série de prostituées dans Whitechapel... Nous rencontrons aussi William Gull, médecin de la reine Victoria et auteur méconnu de ces meurtres. Alors que Gull oscille entre raison d'Etat et état de déraison, les complots s'enchaînent, le gouvernement et même les franc-maçons se mêlent pour couvrir celui qui sera plus tard connu sous le nom de Jack l'Eventreur !

Ce qui est bien :
Ce livre est passionnant. Moore a réuni une documentation impressionnante pour nous faire part de cette hypothèse (qui le restera, vu le peu de preuves réunies...) du médecin de la reine auquel on demande de tuer pour éviter un scandale (je vous laisserai découvrir lequel...). On en apprend beaucoup sur Jack l'Eventreur, les indices réels, les indices "perdus", les faux procès, les coïncidences étranges, etc, tout en prenant un bon bain d'époque victorienne. On en apprend une pelletée aussi sur le franc-maçonnisme, et là question mystères il n'y a pas mieux...
Pour ceux qui veulent en apprendre encore plus, Moore a réuni ses notes en fin de volume (le livre est d'ailleurs truffé de notes renvoyant à ces informations supplémentaires).
Le ton est noir, entre réalité crasse de la misère londonnienne de l'époque et celle de la vie des riches, triste et/ou vérolée par le vernis des conventions qui ne dissimule que partiellement la noirceur des âmes... Parfois, des épisodes oniriques viennent alléger l'histoire en lui donnant encore plus de mystère (même si on avait déjà notre lot avec l'histoire de base...)

Ce qui est moins bien :
Ce livre est long : plus de 500 pages pour mon édition, et comptez encore plusieurs dizaines pour les notes et épilogues. En plus, certains chapitres sont particulièrement monotones (je pense par exemple à celui où Gull nous fait une visite trèèèèès détaillée du Londres franc-maçonnique...), sans parler de certains chapitre où on ne comprend juste rien du tout, à moins d'avoir appris par coeur les appendices en fin de livre avant même d'avoir commencé (les fameux chapitres "oniriques" par exemple). Cela peut aussi être un plus, le lecteur n'est pas pris par la main pour suivre une ligne tracée, loin de là. Mais bon, c'est dur pour la tête, les romans à clefs...
Pour ma part, les dessins m'ont laissée un peu de marbre. C'est sombre, c'est crayonné, on dirait des esquisses, tout le temps. Ca va avec le ton de l'histoire, mais par contre j'ai parfois eu du mal à reconnaitre les personnages.
Enfin, dernier point noir, à force d'être toujours renvoyée en fin de livre pour comprendre au mieux tel ou tel élément, j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire... J'avais plus l'impression de lire un documentaire très intéressant, plutôt qu'un roman.

A noter : Ce livre a été adapté au cinéma sous le nom de... From Hell, avec Johnny Depp ! D'ailleurs Alan Moore est aussi à l'origine de Watchmen et V pour Vendetta. Un habitué donc du l'oeuvre sombre adaptable au cinéma !
Pour ceux qui sont férus de jeux de société, Jack l'Eventreur a été utilisé comme thème pour deux jeux assez réussis : Mr Jack, de Hurrican, un jeu simple mais assez tactique qui peut se jouer à 2, et London 1888, un superbe jeu de Neko corp. Pour celui-ci il vaut mieux être au moins 4-5, mais le plateau est magnifique, l'Histoire est bien respectée, et les heures de jeu sont passionnantes ! (oui, c'est l'un de mes jeux préférés...)

A vous de vous faire votre propre idée maintenant !
Par Lil
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Jeudi 31 juillet 2008
Quand je suis un peu fatiguée, j'ai tendance à alléger mes lectures. Comme ça fait longtemps que je n'ai pas pris de vacances, et qu'en plus la chaleur me ramollit le neurone, j'ai récemment recommencé à lire du livre "light". Après Virginia Henley et ses amants secrets, grand classique de la littérature "rouge passion", simplet mais  somme toute correct, et ayant déjà testé et réprouvé les Harlequin (le simplet ça passe mais le Harlequin, c'est just tooooo much, thanks) je me suis dit à la bibliothèque tiens, Danielle Steel, c'est un best seller, c'est l'occase de goûter gratuitement. Donc pouf, Zoya dans ma besace.


L'histoire : En 1917, Zoya est la fille du cousin du tsar, élevée dans le faste de la cour royale russe. La révolution va bouleverser sa vie et obliger la jeune fille âgée de 18 ans à peine à s'enfuir avec sa grand-mère, abandonnant derrière elle sa famille décimée par les révolutionnaires. Pauvres et déboussolée, Zoya et sa grand-mère trouvent refuge à Paris, où de nombreux aristocrates russes survivent grâce à des emplois peu reluisants, tels que chauffeur de taxi, couturière ou pire, danseuse de ballet ! Alors que la guerre fait rage autour d'elle, que les morts se multiplient et que son monde s'écroule, Zoya devra oublier son passé et reconstruire sa vie, aidée en cela par l'amour...

Et là je me dis, j'aurais dû faire rédactrice de résumé de romans à l'eau de rose, z'êtes pas d'accord ?

Ce qui était sympa : Moi, j'aime les romans historiques, et ce roman est une manière facile et pas désagréable de se remettre à jour concernant la Révolution russe et les 1ère et 2e guerres mondiales, ainsi que la Dépression au Etats-Unis (elle va voyager, la petite). Donc, bien.
Et puis bon, c'est facile à lire, on avance relativement vite.

Ce qui m'a agacée, voire exaspérée : Ben, pffff.... Je sais bien que dans ce style de littérature il est d'usage que le héros soit une héroïne, de préférence fabuleusement belle. Mettons. Mais là, Danielle, elle pousse, quand même.... Zoya est d'une beauté tellement flamboyante (une rouquine, quoi) qu'avant la page 200, elle comptabilise quasiment 3 demandes en mariage ! A 18 ans ! Donc 1) pour l'identification à l'héroïne, on repassera... (je suis pas moche mais pour être franche à mon grand désappointement quand je passe dans une pièce je ne fais pas choir les mâchoires masculines comme Zoya... J'ai même du mal à imaginer...) et 2) Ca fait super réaliste c'est fou (d'autant que pendant la guerre c'est bien connu les gars pensaient qu'à se marier) et 3) Ca devient vraiment énervant comme Danielle se croit obligée de nous rappeler toutes les 2 pages environ que Zoya est incroyablement magnifique, avec des phrases qui en deviennent ridicules du style "Zoya était déprimée mais extrêmement jolie" (mais ça n'a rien à voir ! Dans le même style, "Lil était grippée mais extrêmement avare", "Téqui était célibataire mais extrêmement fan de décoration", "les lapins aimaient les carottes mais sont extrêmement poilus"... voyez l'idée, quoi... ri-di-cule !).
Autre chose, il y a quelques idées véhiculées dans ce bouquin qui ne sont pas totalement raccord avec mes valeurs personnelles :
D'abord, Zoya comme sa grand-mère considèrent que pour s'en sortir, un seul moyen, mettre le grappin sur un gars et se marier avec. Super, l'ambition... Certes, ça doit être représentatif des moeurs de l'époque, mais quand même ça fait bizarre. Et bien sûr, un peu plus loin quand Zoya aura un emploi et sortira enfin la tête de l'eau, un mec se pointe et zou, on laisse tout tomber pour être femme au foyer... (pfff)
Ensuite, Zoya, 18 ans, donc, qui c'est qu'elle aimerait bien se maquer avec ? Un gars de 45 ans ! Beurk. En plus elle le dit elle-même, c'est aussi parce qu'il lui rappelle son papa. Super sexy... (je vais chez mon psy lui prendre un abonnemement, je reviens !)
Autre chose de dérangeant dans ce livre : la notion de classe. Oui, les classes sociales existent, et Zoya étant de la haute, on peut comprendre le contraste. Mais le livre est jonché de phrases laissant entendre que danseuse ou chauffeur de taxi (ou autres) ne sont pas des métiers suffisamment bons pour des aristocrates, mais à réserver à la plèbe... Là ils le font parce qu'ils sont forcés, mais fanchement comme c'est indigne d'eux ! Sympa l'ambiance, ça vous va si les pauvres vous cirent les pompes ou faut-il qu'ils se mettent une cagoule pour ne pas vous assaillir avec leur crasse de malpolis ? Avec en plus l'idée que la haute naissance confère une grâce innée qui place obligatoirement l'aristocrate un cran au dessus du reste de l'humanité au niveau de la valeur humaine... Ben tiens... On vous rappellera Danielle que la noblesse s'acquière dans la vie et non à la naissance, à tout hasard.... et qu'un riche n'a plus de valeur qu'un pauvre que pour son banquier !

Bon je l'ai presque fini mais pas tout à fait, je ne risque guère de changer d'avis à présent donc en gros conclusion : Danielle Steel c'est sympa, mais sous la couche de vison soyeux il y a quelques idées qui puent... des petits bouts de viande pourrie restés accrochés à la peau je suppose ;o)
Du coup, bon... après réflexion je ne m'inscrirais pas au fan club ! En cas de panne sèche de bouquin, à la rigueur, si c'est gratuit comme à la bibli, mais pas plus !

Par Lil
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Jeudi 26 juin 2008

Parce que dans chaque vieux il y a un jeune qui se demande ce qui s'est passé.
                                     
                                          - Terry Pratchett, Les zinzins d'Olive-Oued -

J'avais déjà cité Pratchett, et je me répète, si vous voulez des histoires plus ou moins heroic fantasy déjantées, malignes et parfois hilarantes, je vous conseille ce gars !
L'image, c'est "All is vanity" de Charles Gilbert. Pour lui c'était une critique de la superficialité des femmes, m'enfin ne parlons pas de ce rabat-joie. J'aime bien les trompe-l'oeil de ce genre. Il paraît que certaines personnes ne voient qu'une seule version de l'image au début, est-ce que c'est votre cas ?
Par Lil
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Mardi 13 mai 2008

L'homme a toujours considéré qu'il était plus intelligent que les dauphins sous prétexte qu'il avait inventé toutes sortes de choses - la roue, New York, la guerre, etc.-, tandis que les dauphins quant à eux n'avaient jamais rien su faire d'autre que déconner dans l'eau et plus généralement prendre du bon temps.
Mais, réciproquement, les dauphins s'étaient toujours cru bien plus intelligents que les hommes - et précisément pour les mêmes raisons.

                                                                    - Douglas Adams, Le Guide du voyageur galactique -


Ce T-shirt m'a vraiment fait marrer quand je l'ai vu à Camden town, le quartier le plus goth-punk de Londres ! Bon, après coup, je me dis que c'est pitêt un petit peu homophobe si on le prend au premier degré (ce qui n'est pas préconisé, mais il y a toujours des gens pour prendre les blagues au 1er degré, z'avez remarqué ?). Toujours est-il que j'avais adoré la façon dont ça se fiche de la tête des gens qui trouvent les dauphins trop-beaux-trop-majestueux-trop-mignons-trop-j'aimerais-en-avoir-un-à-moi-comme-Flipper.
Cela étant dit, qu'il soit établi que j'adore également la citation ci-dessus, extraite d'un bouquin que je viens de finir est qui est à peu près pour l'univers Star Wars l'équivalent d'un Terry Pratchett pour Le Seigneur des Anneaux, soit un grand foutage de gueule décalé, ingénieux et hilarant. Une trouvaille !
Par Lil
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Jeudi 10 avril 2008

" La vie est une farce des Dieux, et il n'est point de justice. Apprends à rire, sans quoi tu mourras de chagrin."

                                             - Merlin dans Le Roi de l'Hiver (La Saga du Roi Arthur) -



Je suis en train de relire La Saga du Roi Arthur et franchement, c'est toujours aussi bien. La reconstitution de l'Angleterre du 5e siècle est top, et on s'accroche au bouquin, haletant, pour accompagner Derfel, le guerrier d'Arthur, au coeur des batailles. Envie d'un souffle épique dans votre vie ? Voilà le livre qu'il vous faut !


NB : Une fois n'est pas coutume, cette photo n'est pas de moi, mais de Toni, créatrice aux multiples talents (j'aimerais savoir faire des photos comme elle par exemple ! On va dire que je n'ai pas le matériel...) et auteur du blog simplesparrow, que vous pouvez aller visiter ici.
Par Lil
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Lundi 7 avril 2008

Au bout du rouleau au boulot ? Bien trop longtemps que vous n'avez pas vu le soleil en rentrant du bureau ? Vous ne vous souvenez plus très bien de la dernière fois que vous avez pris des vacances ? Ou vous commencez sérieusement à vous demander si le fait d'aller en prison n'est pas négligeable face à la satisfaction que vous retireriez du fait de balancer votre patron par la fenêtre ? Vous envisagez sérieusement de tuer votre mère pour avoir droit au jour de congé prévu par le code du travail ?

Si vous avez répondu oui à l'une des questions précédentes, alors ce livre est fait pour vous :


J'ai pris ce livre à la bibliothèque parce que je n'étais pas très loin des cas décrits en tête de ce post, et que la prose poétique d'une révoltée du bureau, ça me tentait assez.
Et puis j'ai commencé à le lire, et heu... bon, c'est marrant ces histoires de se battre avec les agrafeuses mais bon... en même temps le ton est si déprimant que je me suis demandé si c'était vraiment le truc à lire quand on en a marre d'aller au taf.
Du coup, j'ai mis le bouquin de côté, et quand je l'ai repris, illumination. Je m'étais faite au style poético-dépressif, et quelques phrases ont vraiment résonné dans mon âme de fatiguée-pas-assez-de-vacances-y-en-a-marre-j'veux-rentrer-chez-moi-chui-crevée. Avec quelques mots en équilibre sur une métaphore, Anne a réussi à exprimer le malaise que je ressens parfois quand je suis au bout de mon rouleau, et c'était à la fois émouvant et assez libérateur.

Je vous laisse profiter de quelques extraits qui m'ont vraiment émue :

"Mais rien qui justifierait cette envie de hurler qui vous vient à tout heure, à tout instant".
(je sais pas vous, mais moi, carrément...)

"Le samedi est un jour de répit : rien ne dit que la semaine recommencera. Le dimanche, tout est déjà accompli".
(c'est pour ça, la déprime du dimanche soir, alors ?)

"C'est drôle comme la vie est monotone, alors que les espèces d'oiseaux ne se comptent pas sous le soleil".
(mandieu, mais comment qu'elle a fait pour traduire ce que je pense ?)

"L'oiseau est triste. Le monde est là, se dit-il, et je le regarde, et je me regarde regarder le monde. J'aimerais mieux en faire partie".
(.......)

Au final, un livre très court, poétique et bouleversant, qui donne à réfléchir sur notre façon de vivre en général, et de vivre le travail en particulier.

Je ne m'y attendais pas, et je suis restée scotchée ! (par une secrétaire, haha ! nan je sais c'est nul, heu... hem)
Par Lil
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