Problème de Steel

Publié le par Lil

Quand je suis un peu fatiguée, j'ai tendance à alléger mes lectures. Comme ça fait longtemps que je n'ai pas pris de vacances, et qu'en plus la chaleur me ramollit le neurone, j'ai récemment recommencé à lire du livre "light". Après Virginia Henley et ses amants secrets, grand classique de la littérature "rouge passion", simplet mais  somme toute correct, et ayant déjà testé et réprouvé les Harlequin (le simplet ça passe mais le Harlequin, c'est just tooooo much, thanks) je me suis dit à la bibliothèque tiens, Danielle Steel, c'est un best seller, c'est l'occase de goûter gratuitement. Donc pouf, Zoya dans ma besace.


L'histoire : En 1917, Zoya est la fille du cousin du tsar, élevée dans le faste de la cour royale russe. La révolution va bouleverser sa vie et obliger la jeune fille âgée de 18 ans à peine à s'enfuir avec sa grand-mère, abandonnant derrière elle sa famille décimée par les révolutionnaires. Pauvres et déboussolée, Zoya et sa grand-mère trouvent refuge à Paris, où de nombreux aristocrates russes survivent grâce à des emplois peu reluisants, tels que chauffeur de taxi, couturière ou pire, danseuse de ballet ! Alors que la guerre fait rage autour d'elle, que les morts se multiplient et que son monde s'écroule, Zoya devra oublier son passé et reconstruire sa vie, aidée en cela par l'amour...

Et là je me dis, j'aurais dû faire rédactrice de résumé de romans à l'eau de rose, z'êtes pas d'accord ?

Ce qui était sympa : Moi, j'aime les romans historiques, et ce roman est une manière facile et pas désagréable de se remettre à jour concernant la Révolution russe et les 1ère et 2e guerres mondiales, ainsi que la Dépression au Etats-Unis (elle va voyager, la petite). Donc, bien.
Et puis bon, c'est facile à lire, on avance relativement vite.

Ce qui m'a agacée, voire exaspérée : Ben, pffff.... Je sais bien que dans ce style de littérature il est d'usage que le héros soit une héroïne, de préférence fabuleusement belle. Mettons. Mais là, Danielle, elle pousse, quand même.... Zoya est d'une beauté tellement flamboyante (une rouquine, quoi) qu'avant la page 200, elle comptabilise quasiment 3 demandes en mariage ! A 18 ans ! Donc 1) pour l'identification à l'héroïne, on repassera... (je suis pas moche mais pour être franche à mon grand désappointement quand je passe dans une pièce je ne fais pas choir les mâchoires masculines comme Zoya... J'ai même du mal à imaginer...) et 2) Ca fait super réaliste c'est fou (d'autant que pendant la guerre c'est bien connu les gars pensaient qu'à se marier) et 3) Ca devient vraiment énervant comme Danielle se croit obligée de nous rappeler toutes les 2 pages environ que Zoya est incroyablement magnifique, avec des phrases qui en deviennent ridicules du style "Zoya était déprimée mais extrêmement jolie" (mais ça n'a rien à voir ! Dans le même style, "Lil était grippée mais extrêmement avare", "Téqui était célibataire mais extrêmement fan de décoration", "les lapins aimaient les carottes mais sont extrêmement poilus"... voyez l'idée, quoi... ri-di-cule !).
Autre chose, il y a quelques idées véhiculées dans ce bouquin qui ne sont pas totalement raccord avec mes valeurs personnelles :
D'abord, Zoya comme sa grand-mère considèrent que pour s'en sortir, un seul moyen, mettre le grappin sur un gars et se marier avec. Super, l'ambition... Certes, ça doit être représentatif des moeurs de l'époque, mais quand même ça fait bizarre. Et bien sûr, un peu plus loin quand Zoya aura un emploi et sortira enfin la tête de l'eau, un mec se pointe et zou, on laisse tout tomber pour être femme au foyer... (pfff)
Ensuite, Zoya, 18 ans, donc, qui c'est qu'elle aimerait bien se maquer avec ? Un gars de 45 ans ! Beurk. En plus elle le dit elle-même, c'est aussi parce qu'il lui rappelle son papa. Super sexy... (je vais chez mon psy lui prendre un abonnemement, je reviens !)
Autre chose de dérangeant dans ce livre : la notion de classe. Oui, les classes sociales existent, et Zoya étant de la haute, on peut comprendre le contraste. Mais le livre est jonché de phrases laissant entendre que danseuse ou chauffeur de taxi (ou autres) ne sont pas des métiers suffisamment bons pour des aristocrates, mais à réserver à la plèbe... Là ils le font parce qu'ils sont forcés, mais fanchement comme c'est indigne d'eux ! Sympa l'ambiance, ça vous va si les pauvres vous cirent les pompes ou faut-il qu'ils se mettent une cagoule pour ne pas vous assaillir avec leur crasse de malpolis ? Avec en plus l'idée que la haute naissance confère une grâce innée qui place obligatoirement l'aristocrate un cran au dessus du reste de l'humanité au niveau de la valeur humaine... Ben tiens... On vous rappellera Danielle que la noblesse s'acquière dans la vie et non à la naissance, à tout hasard.... et qu'un riche n'a plus de valeur qu'un pauvre que pour son banquier !

Bon je l'ai presque fini mais pas tout à fait, je ne risque guère de changer d'avis à présent donc en gros conclusion : Danielle Steel c'est sympa, mais sous la couche de vison soyeux il y a quelques idées qui puent... des petits bouts de viande pourrie restés accrochés à la peau je suppose ;o)
Du coup, bon... après réflexion je ne m'inscrirais pas au fan club ! En cas de panne sèche de bouquin, à la rigueur, si c'est gratuit comme à la bibli, mais pas plus !

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Tequi 01/08/2008 12:35

Ah ah ah je sais d'ores et déjà que ça va te plaire !!! (si jamais tu détestes, fais semblant par ce que ce serait la désillusion de bien mal te connaître...)

Tequi 31/07/2008 18:25

Tequi était célibataire ?! Non non elle l'est toujours... :D Enfin bon... Sinon ben je suis assez d'accord avec Nat, tu cherches le bâton pour te faire battre.
Si tu veux te détendre tape dans le chicklit et cherche les romans de Kyra Davis : suspens, humour, amour et sexe !!! Moi aussi après les Enfants de la Liberté de Levy (les gosses juifs qui font la résistance pendant la guerre, pas franchement joyeux, mais très beau), j'ai commencé Sex and the City de Candace Brushnell ! J'ai jamais accroché avec la série (bizarre hein ?), j'ai pas trop aimé le film alors on va voir ce que je pense du bouquin !!!

Lil 31/07/2008 20:19


Bah oui mais bon, fallait bien que j'essaye la Danielle à un moment donné ! J'aime bien tenter plein de styles. Je pense même un jour tenter le Cartland, mais
pas tout de suite, hein, histoire de pas risquer l'overdose !
Sinon, oui, Autant le Vent j'ai déjà lu, j'ai beaucoup aimé d'ailleurs, bien que certains passages descriptifs sur les batailles m'aient paru un peu longuets. Ce que j'ai préféré c'est la richesse
des personnages, top, et évidemment beaucoup plus visible dans le livre que dans le film ! J'ai même lu la suite, Scarlett, par une descendante de Margaret, un cran en dessous niveau littérature
mais bien agréable. Paraît qu'une autre suite est sortie y a pas longtemps, vous l'avez lue ?
Sinon Téqui, devine sur quoi je suis tombée à la bibli et que je me suis empressée de prendre pour mes vacances ? God save la France ! ;o) M'en régale d'avance !


Nat 31/07/2008 18:03

Il faut dire aussi, tu le cherches, à lire du Danielle Steel... personnellement, je suis beaucoup trop snob pour lire ce genre de trucs, même en vacances... mais à la décharge de Danielle, je crois qu'elle ne fait que dépeindre les moeurs de l'époque! Eh oui, au début du xxe siècle, les filles étaient éduquées de sorte que leur ambition ultime soit de faire un beau mariage!
Si tu veux une lecture de vacances, as-tu déjà lu Autant en emporte le vent? Il y a de la romance et un fond historique, mais Scarlett à un caractère de cochon, c'est un peu plus fun..